Rwanda 1994 : un génocide
de la radio à la machette (1).

Joël Kotek
Le 6 avril 1994, vers 20 heures 30, l'avion qui transporte les présidents rwandais et burundais est abattu par deux missiles sol-air alors qu'il entame sa manœuvre d'atterrissage au-dessus de l'aéroport de Kigali, capitale du Rwanda. La nouvelle de l'attentat se répand comme une traînée de poudre aux quatre coins du pays. La machine à tuer, comme si elle n'attendait que ce signal pour entrer en action, se déchaîne aussitôt. La Garde Présidentielle et les Interahamwe, milice hutu aux ordres du pouvoir, investissent et bouclent Kigali, installent des postes de contrôle à tous les carrefours stratégiques de la capitale. Les premiers coups se portent aussi bien sur les Tutsi que sur les " Hutu modérés ", lesquels constituent à leurs yeux une relève crédible et possible au pouvoir qui vient d'entrer en vacance. Parmi eux, le premier ministre Agathe Uwilingyimana, dont la protection par des casques bleus belges dès le 7 avril se révèle dramatiquement illusoire. Le génocide a démarré. Selon le recensement du 18 décembre 2001, il fera près d'un million de victimes, en trois mois.
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