p85.  En ce jour, l'éditorial.
En ce jour du jeudi 17 octobre 2002. Et de deux. Dirions-nous aujourd'hui que l'Europe des populismes se détricote dès lors que le gouvernement néerlandais a remis hier sa démission, tandis qu'en septembre dernier, la coalition autrichienne explosait ? Mortel automne pour ces fédérations d'intérêt se mettant d'accord sur l'ordre et aboutissant à l'instabilité. Il ne faut décidément pas lire les populismes entre les lignes, mais à l'envers. Cela maintenant, au moins, nous le savons. À vrai dire, nous le pensions déjà. On nous avait pourtant répété, tant à Vienne qu'à La Haye, que nous ne pouvions pas comprendre la spécificité de ces populations qui sont nos voisines de frontières et d'histoire et qu'en fonction de notre inconnaissance, il nous fallait nous taire. Et j'avais confessé ici mon trouble dès lors que des écrivains comme Cees Nooteboom et Harry Mulisch avaient enfourché la posture de l'exception néerlandaise. Il nous fallait entendre que Pim Fortuyn n'était pas fasciste, pas raciste, même pas de droite, mais juste différent. Hé bien voilà, les voisins sont de bons conseilleurs. Peut-être qu'ils n'y connaissent rien, mais ils savent bien reconnaître.
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