Ce que l'on partage, ce que l'on donne, à quoi l'on tient,
ce que l'on garde, ce qui fait lien, bref tous ces enjeux qui devraient
fonder le début d'une relation et non pas signifier les modalités
d'un divorce, sont pourtant le cur battant du contrat démocratique.
Et la négociation de ce contrat se doit d'être perpétuelle,
jamais finie, toujours à la mesure de l'homme mais sans cesse
exhaussée. Pourtant, lorsque l'on emploie le terme d'intégration
aujourd'hui, l'on n'est pas sûr qu'il ne signifie pas, en
même temps, solution et dissolution. Il s'agit là d'une
erreur sémantique : d'un de ces mots, nombreux, qui sont
eux-mêmes acculturés. De quoi parle-t-on dès
lors ? Sur quoi s'établit le débat ? Sur la recherche
d'un homme entier ou sur la fabrication d'un individu banalisé
? Reposer la question de l'intégration aujourd'hui, dans
un moment préélectoral prompt aux amalgames et aux
formules rapides, nous fait malheureusement revenir à de
la politique. À un machin entre partis et mouvements qui,
de fait, nous exclut. Nous ne demandions pas cela, nous ne le voulions
pas. Sur cette question, comme sur bien d'autres, nous avons envie
du politique. C'est-à-dire de quelque chose qui rende les
hommes entiers et ensemble.
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