On ne peut alors que constater qu'en Belgique, sous ce rapport,
tout le monde est entier mais que certains sont plus entiers que
d'autres.
Le terme d'intégration qu'emploie Daniel Ducarme est également
teinté de vertus rousseauistes. On peut le lire, sans le
déjuger, comme une recherche toujours renouvelée de
la pureté et de l'origine. Le travail de la politique n'est
pas de rendre les hommes purs. Lorsqu'elle le fait, elle tue le
politique. Cette intégration là est meurtrière.
Elle porte le nom, depuis le début du 20ème siècle,
d'intégrisme, une façon d'être encore plus pur
que pur.
Les mots d'intégration et d'intégrisme ont désormais
partie liée dans notre imaginaire et concernent, singulièrement
depuis quelques mois, une même population. Ils occultent en
même temps une autre notion que l'on entend de moins en moins
souvent : celle de "société multiculturelle".
Devenir et demeurer une personne entière dans une société
multiple est une question qui n'a jamais été réellement
engagée, qui ne nous a non plus jamais réellement
engagés. Nous avons, de ce point de vue, beaucoup délégué,
laissant faire les choses et le temps.
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