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En ce jour du lundi 14 octobre 2002. Le ministère
français des Affaires étrangères annonce que,
désormais, les pétroliers battant pavillon national,
naviguant dans des zones à risque, seront escortés
par des bâtiments militaires. Le ministère belge des
Affaires sociales informe que, désormais, les médecins
de garde, se déplaçant de nuit pour des visites à
domicile, pourront être accompagnés d'un auxiliaire
de sécurité, chauffeur ou collègue. Ces décisions
suivent de peu ce qui est "vraisemblablement" un attentat,
celui contre le Limburg en mer yéménite, et ce qui
reste un crime non élucidé, celui d'une rhumatologue
dans la région de Charleroi. Les milliers de kilomètres
qui les séparent et les impédances qui les différencient
n'empêchent pas que ces deux événements appellent
apparemment un type de réponse unanime. Puisque la société
ne fait plus société et parce que le risque encouru
par un n'est pas jugulé par tous, certains d'entre nous iront
bientôt dédoublés, munis d'une sorte de deuxième
ombre, suivis de supplétifs - armée ou body-guard
- guidant les pas de ceux dont le rôle est utile à
la communauté.
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