L'effet des ambassades qui devrait se vérifier dans la multiplication et dans la globalité reste donc isolé, localisable, localiste. Ainsi proposons-nous alors d'en finir avec le temps de la prévention - pour peu que l'on ait pu, dans la situation que nous connaissions, identifier sous ce vocable un quelconque effet de réel - et de le remplacer par le temps de l'invention. Et cette invention, écrivons-nous, ne pourra se produire qu'au défi de la notion de territoires et de l'homogénéisation des populations qu'elle propose. Dayton n'est alors pas signé, le fait ethnique n'est pas entériné. Il le sera bientôt.

13- L'invention d'espaces de coopération politique interrégionale, intercommunale et intercitoyenne dans les fractures de l'Europe semble dès lors aller de soi. La création de ces espaces ouverts - les frontières y sont ipso facto spiritualisées comme disaient nos amis roumains - paraît être une réponse plausible à la survenance concomittante d'états ethniques dans la région de l'ex-Yougoslavie.
La juxtaposition, la superposition ou l'intromission de tels espaces, au travers, au-dessus ou à côté des territoires nouvellement nationaux nous semble répondre à la nécessité de l'hétérogénéité, de la rencontre et de l'échange sans lesquels il n'est pas de vie. De tels espaces contiendraient des villes comme Graz, Maribor, Pecs, Osijek, Tuzla, Subotica, Timisoara, l'espace ainsi constitué dépassant les frontières de l'ex-Yougoslavie et les frontières internes des pays qui en sont issus. En même temps que les autres partenaires, géographiquement situés en dehors de cette région, je veux dire, Bruxelles, Bologne, etc... ce qui nous amène, rêveurs éveillés, sur la voie du fractal et de la recomposition du politique. Tout cela pour démontrer qu'il n'y a plus de dehors ni de dedans. Décidément.

14- Cette architecture fait nos débats. Aussi nos déboires. Bien entendu, nous ne ferons rien, entend-on comme hier dès lors que le danger serait de se mettre en danger.
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