Des communes iront donc chez d'autres communes, poseront leur sac, resteront, engageront toutes sortes d'actes en rapport avec leur nature et leur culture. De la culture, justement, à la micro-économie, de l'aménagement du territoire aux droits de l'homme, de la démocratie locale à l'information indépendante. Et si nous en sommes alors à suggérer que le Conseil de l'Europe prenne toute sa place dans ce projet, c'est parce que nous pensons qu'il n'y a pas de nécessité plus urgente que de concilier les volontés de la société civile avec les intérêts des institutions. De cette fusion naîtra, pensons-nous, une dynamique. Il n'y aurait plus d'un côté les bailleurs et de l'autre les baillés. Mais les partenaires d'un projet politique. Tout cela pour démontrer qu'il n'y a plus de dedans. Décidément.

12- Cette progression qui est alors accomplie, en quelques mois. Jusqu'à ce moment où l'on signe le premier protocole d'ouverture d'une ambassade entre Subotica (en Serbie), Namur, Haarlem, Elche. Cela se passera difficultueusement.
Le gouvernement n'aime pas l'idée, il enverra des flics. Mais l'ambassade restera. Elle ouvrira la voie à celles de Osijek (Croatie), Tuzla (Bosnie-Herzégovine), Maribor (Slovénie), Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), Sisak (Croatie), Brtngla (Croatie), Ohrid (Macédoine), Zavidovici (Bosnie-Herégovine). Ces ambassades, contenues dans une zone géographique précise, instituent un fait "intermunicipal" entre des villes européennes qui ne se savaient pas : Barcelone, Bruxelles, Bologne, Lausanne, Budapest,... Leur présence suffit souvent à légitimer les autorités locales en butte, à bien des égards, aux pressions diverses de leurs autorités centrales ou régionales. Mais cette légitimation, essentielle, activiste, productiviste même, a un goût de trop peu. Subotica peut ainsi se déclarer "ville ouverte" mais ne peut empêcher Belgrade de mener en Voïvodine une politique d'installation de réfugiés serbes de Bosnie ou de Croatie. Osijek peut créer une "école de la société civile" mais ne peut parer aux menées du préfet régional qui délocalise sans arrêt les bureaux de la mairie de sorte à les excentrer chaque fois un peu plus.
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