Cette fois, cependant, il ne s'agit plus d'une commune et d'un village, cette transaction paraît funeste pour ce qu'elle engage en dangers, en périls, en rodomontades. Nous fonctionnerons alors dans le rassemblement, ce sont des arrondissements - donc sur sur-fusion communale - qui s'engageront sur des points précis de la carte de l'ex-Yougoslavie, là où il y a moyen et nécessité de lier le sort des populations déplacées au fonctionnement démocratique interne. Faire surgir du malheur non pas la thérapie mais la citoyenneté. Faisons tout pour permettre que de cette guerre découlent des effets inattendus, qui n'auraient pas été pensables sans. Nous créons alors des choses inédites, une télévision des réfugiés par les réfugiés dont les programmes tournent d'abord de camps en camps puis sur les télés. Des petits villages se reconstruisent par l'intrusion de magasins généraux, publiquement gérés, de matériaux et d'outillages. Ici et là, des journalistes indépendants doivent leur salaire à nos caisses d'argent citoyen. Et ici même, nous cherchons avec les communes des moyens simples d'acceptation des réfugiés et des personnes déplacées, la volonté de circulation conçue avec Opération Villages
Roumains connaît ici un arrêt momentané. Cette fois, si les gens circulent c'est pour rester, au moins temporairement. Tout cela entre Helsinki et Schengen. Tout cela pour démontrer qu'il n'y a plus de dehors. Décidément.

11- Mais notre grande affaire, c'est le lancement des ambassades de la démocratie locale. Fin 92, à l'invitation du Conseil de l'Europe, nous participons à une conférence qui aurait pu, à l'instar de Tolstoi, Lénine ou Saint Paul, s'intituler "Que faire". Que faire en ex-Yougoslavie (à ce moment, ce pays se désappelle). Bien entendu, les réponses se mesurent en termes d'assistance, d'aide, de soutien. Nous avons le sentiment, nous, qu'elles pourraient se qualifier en terme de présence, de permanence, d'échanges. La proposition que nous faisons alors n'est pas neuve. Il s'agit déjà d'un héritage. Le fil de l'eau. L'Europe du bas. A la coopération décentralisée - nous l'avons mise à la portée de tous avec OVR - nous ajoutons le coudoiement : je ne suis plus seulement avec toi, je suis chez toi.
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