La famille de Cyril a fait la seule chose à laquelle
on ne devait décemment pas s'attendre : elle a logé
les clandestins et a entrepris les démarches pour régulariser
leur situation. L'un d'eux, Moustapha, vient d'obtenir le statut
de réfugié. Son collègue, N'Fmara, débouté
l'an dernier, a quant à lui reçu une autorisation
de séjour d'un an. C'est l'histoire d'une rencontre improbable
entre des gens qui manquaient chacun de quelque chose. C'est l'histoire
d'un Préfet qui juge que sauver un homme est une preuve d'intégration.
On vous félicite, Monsieur Le Préfet, mais on voudrait
vous suggérer une piste de réflexion complémentaire.
Chaque fois qu'un homme demande l'asile, il tente de sauver une
vie : la sienne. C'est lui qui est dans l'eau, c'est lui qui se
noie. Tendez-lui des papiers, ça lui fera une bouée.
Allez, à la semaine prochaine. Et souvenez-vous que la vie
est belle.
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