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En ce jour du vendredi 11 octobre 2002. Je vous ai narré
l'autre fois l'histoire des petits demandeurs d'asile afghans de
Gesves que les deux écoles locales, en manque d'élèves,
se disputaient. Rappelez-vous, il fallait au total trois écoliers
(deux d'un côté, un seul de l'autre) pour boucler le
chiffre légal des effectifs et garder professeur ou heures
de cours. Pour leur malheur, les petits Afghans n'étaient
que deux, raison pour laquelle on se les disputa. Je peux vous rassurer
: un autre élève - venu d'où ? - a sauvé
in extremis la situation et on ne négocie plus le réfugié,
à Gesves. C'était une belle chose, tout édifiante,
que cette collision mondialisée entre le malheur des uns
et l'intérêt des autres. En voilà une autre,
de belle histoire. Cela se passe sous un pont. Deux sans papiers
sont aussi sans domicile, ils font comme sous Francis Lemarque et
l'abbé Pierre, ils logent sur les quais. On est là
sur le canal de Saint-Quentin, pas sur la Seine, tous les chromos
ne sont pas réunis, mais on fera avec. Dans l'eau, quelqu'un
se noie. Les deux Guinéens - dans cette histoire aussi ils
sont deux, ils s'appellent Moustapha et N'Famara - plongent et sauvent
Cyril. Cyril est handicapé, il a 22 ans, une famille, un
toit, presque tout.
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