d'une société meilleure à un terme plus
ou moins long dont les dirigeants ne peuvent garantir l'avènement.
Certes tous, dirigeants et dirigés, savaient que l'horizon
communiste n'était qu'un leurre et que comme pour la flèche
de Zénon, il resterait toujours une moitié du chemin
à parcourir. Mais en quoi le projet européen, pour
les citoyens de ces pays, devrait-il être un objectif plus
atteignable ? L'intégration européenne paraît-elle
en 2001 plus réelle à un citoyen slovaque que le paradis
communiste en 1955 ?
Attention danger.
La légitimité des gouvernements est perçue
comme ne découlant déjà plus du choix - ou
tout au moins du consentement - des citoyens, mais principalement
de l'appréciation des fonctionnaires et experts européens.
D'un il à l'autre, c'est aujourd'hui celui de Bruxelles
qui veille. La Commission, avec zèle, propose des "feuilles
de route" vers l'adhésion aux Etats candidats ; c'est
pour le moins maladroit dans l'expression. À quand des plans
quinquennaux ?. L'élargissement, du point de vue de la population
des Etats candidats, ne semble pas tenir ses promesses de liberté.
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Et pourtant rien n'est plus faux. L'adhésion à
l'Union européenne est bien question de libertés.
À commencer par les plus fondamentales, celles de la Convention
européenne des droits de l'homme, déjà engrangées,
et que l'Union s'engage également à promouvoir et
à défendre. Liberté d'expression, d'association,
droit à un procès équitable parmi d'autres.
Il faut se rappeler l'avant 1989 pour saisir ce que l'on a là.
Puis les quatre libertés du marché intérieur
: bientôt la libre circulation des personnes; pas seulement
énoncée, mais garantie par la Cour de Justice à
chaque ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne.
Qui, en Pologne, Hongrie ou Estonie, pour ne prendre que ceux-là,
pouvait en 1985 oser en rêver?
Certes il est d'ores et déjà possible de voyager avec
des formalités simplifiées. La Convention européenne
des droits de l'homme et son mécanisme de contrôle
est partout applicable. Mais ces acquis sont encore fragiles et
seule une participation pleine et entière de ces Etats et
de leurs populations à l'Union européenne pourra les
consolider.
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