|
En ce jour du mercredi 9 octobre 2002. Sur ce mot d'élargissement,
revenons à ce qu'en disait Nicolas Levrat et pensons avec
lui "qu'on élargit bien les prisonniers". Derrière
l'élargissement, il existe en effet cette idée d'une
liberté retrouvée ou concédée. On parle
bien entendu ici de ces "pays dits hier encore de l'Est",
récemment libérés, aujourd'hui sujets à
élargissement. Michel Barnier, commissaire européen,
disait hier drôlement à la télévision
que cette extension répondait aux poètes, qu'il s'agissait
d'une question morale, qu'il se souvenait de ces intellectuels dissidents
débarqués par avion ou échangés aux
frontières à qui l'on avait promis une herbe plus
verte. J'emploie le mot "drôlement" parce qu'il
n'est pas usuel que la Commission s'en réfère aux
poètes (la citation de Jean Monnet, "Si c'était
à refaire, je commencerais par la culture", a toutes
les chances d'être apocryphe) mais après il a parlé
de l'économie et de la croissance et ça allait déjà
mieux. Pour dire son opposition à cet élargissement
de 2004, Franklin Dehousse, belge et libre penseur des choses européennes,
emploie lui aussi un mot que les poètes mathématiciens
adorent : le chaos.
|