Plus personne ne peut nier maintenant l'historicité des
faits et les responsabilités majeures qui sont celles du
pouvoir en place à Belgrade. La Croatie de Tudjman n'arrive
qu'en second, car si elle fut à la fois agressée et
purifiée sur un tiers de son territoire et si le siège
de Vukovar fut une tragédie effrayante, elle fut aussi agresseur
en Bosnie dans le cadre d'un accord secret de dépeçage
entre Tudjman et Milosevic.
Au cours de son procès, Milosevic, en pleine forme, coupe
la parole de paysans survivants de massacres au Kosovo avec morgue,
il retourne systématiquement les faits comme une chaussette,
ainsi que nous l'avait dit en son temps l'écrivain serbe
Mirko Kovac. Il assène une propagande dont le grotesque touchera
les Français qui le soutiennent lorsqu'ils en seront les
cibles. Mais, depuis quelque temps, cela va moins bien pour lui
: Mme Plavsic, co-responsable politique avec Karadjik et Mladic
de la guerre en Bosnie, plaide coupable pour crimes contre l'humanité
.Enfin, en face de lui, le président Mesic, qui depuis quelques
années remet la Croatie sur le chemin de la démocratie,
ne se laisse pas intimider comme les paysans ou les inférieurs.
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Juste un souvenir de Srebrenica - l'enclave, zone protégée
depuis l'action en 1993 du général français
Morillon, après deux ans d'un siège terrible, tombe
le 11 Juillet 1995 : 7000 disparus, dont on sait qu'ils ont été
massacrés, et 40 000 personnes déportées.
Le commissaire J-R Ruez a enquêté minutieusement
sur ces faits pendant cinq ans. Dans le rapport de la Mission
d'Information Parlementaire (publié le 28 janvier 2002,
disponible sur le site Internet de MSF ), un parlementaire l'interroge
: "Avez-vous trouvé trace de quelques signes d'humanité
côté serbe ?", il répond qu'il pensait
en effet trouver cette trace lorsqu'il s'était rendu compte
les enfants de moins de quinze manquaient et avaient été
mis à part, jusqu'à ce qu'il trouve le charnier
des enfants avec une balle entre en travers de la colonne vertébrale.
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