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En ce jour du lundi 7 octobre 2002. "À la
semaine prochaine, et souvenez-vous que la vie est belle".
J'y pensais l'autre jour en entendant une dame terminer son émission
de radio par cette phrase-là : ce qui change, c'est que les
belles choses n'arrivent plus à compenser les choses laides.
J'avais lu une formule de ce genre dans "Habitus" de James
Flint, il ne parlait pas d'aujourd'hui, il parlait de hier, mais
c'est un hier contemporain, une part d'enfance pour tout dire: Laika,
le Spoutnik, la mécanique quantique, l'industrialisation
du rêve, la lune et le chaos ensemble déshabillés.
Donc, cette phrase - "Souvenez-vous que la vie est belle"
- surgit tout d'un coup sur les ondes et on comprend tout de suite
qu'il ne s'agit pas d'un conseil, mais d'une incantation. L'animatrice
sait parfaitement que des informations vont suivre son émission,
peut-être même en a-t-elle vu la conduite, elle vit
au présent cette urgence que, non, la vie n'est pas belle
et que son collègue des nouvelles va se charger uniment de
nous en fournir une nouvelle preuve. Donc, peu après le "Souvenez-vous
que la vie est belle", on apprend le coup de couteau à
Delanoë, la jeune fille brûlée vive en banlieue,
le carton
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