laboratoires, pleins d'autres accompagnés des uns,aussi, qui vont et qui viennent.
En temps de démocratie, ils s'entre détestent de façon croisée: entre voisins et collègues, entre hommes et femmes, maigres et gros, fumeurs et sportifs. Je connais un écrivain qui déteste les gens qui font de la gymnastique le matin, pour lui c'est le comble de la l'altérité crétine humaine. Ceux du bas de la rue Mouffetard détestent ceux du haut. Un jour j'ai entendu dans une boutique diététique deux personnes s'entre hurler au visage à propos des vertus de la tomate. Les bossus, les roux, les gros, furent haïs des enfants cruels jadis. Les pédants risquent d'être découpés à la tronçonneuse par le beauf de Cabu…,
En bref, l'autre sans a majuscule, lorsqu'il mastique son chewing-gum dans la salle d'attente du dentiste, s'il savait combien on le hait.
En temps de fascisme grimpant, toutes ces haines multiples tricotées ensembles - appelées pudiquement "lien social" par le sociologue - se regroupent par
procédés de réduction successifs, qui doivent être étudiés par les sciences sociales, jusqu'à constituer deux paquets : les autres et les nôtres et, c'est cette réduction radicale entre deux camps séparés par un fossé avide de sang qui rend possible la construction de l'ennemi collectif destiné au futur massacre.


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