premier propose, en soi, une inquiétude renouvelée
sur la capacité de se souvenir en politique. On l'a déjà
vu lors de la guerre du Kosovo, par exemple, la mémoire longue
- celle des vieilles personnes qui se souviennent des chansons de
leur enfance mais pas de ce qu'elles ont mangé la veille
- semble l'emporter sur les souvenirs du récent, sur ce qui
nous occupe sur le moment, sur ce qui fait notre actualité,
sur le temps court. Aussi bien, au Kosovo, se rappelait-on plus
aisément les bombardements américains du Vietnam que
du siège de Sarajevo ou des massacres de Srebrenica. Dans
le zapping mnémonique auquel nous semblons nous livrer sur
l'instant, les événements se compilent sans faire
obligatoirement sens. Les électeurs de Vitrolles qui choisissent
Mégret, par exemple, le font-ils au défi ou en dépit
de l'attentat contre Chirac, venu des rangs mêmes du parti
? Ou plus simplement ont-ils perdu les fils d'intellection qui relieraient
une chose à une autre ? Ou bien pensent-ils même que
cela ne fait tout bonnement pas rapport ? Ces questions ne pourront
être levées par un score républicain avantageux
dimanche prochain. Au risque d'une nouvelle négation du présent.
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