Justice (30 09 02). L'idée d'une justice internationale
est un rêve collectif poignant, et pas seulement une histoire
politique-juridique : elle est en pleine mutation, depuis dix ans.
Elle passe lentement du champ de l'utopie à celui d'un possible
plausible.
Avec la création des deux tribunaux "ad hoc"(1993,1994)
- après les génocides, au sens défini par la
juridiction internationale, commis en Bosnie et au Rwanda - et le
projet d'une cour Pénale Internationale, à Rome qui,
malgré l'opposition des Etats Unis entre autres, avance inéluctablement,
une institutionnalisation de l'idée commence à entrer
dans la réalité sociale. En même temps que ces
juridictions internationales se mettent en place, ce qui suppose
financement une logistique technique judiciaire professionnalisée,
des initiatives diverses ont vu le jour qui utilisent pragmatiquement
des dispositif existant dans les juridictions nationales pour les
appliquer tout à coup. En Angleterre, en Belgique surtout,
en France, existent des dispositifs judiciaires pour arrêter
des criminels de passage si une plainte est déposée
: dans l'expression, "l'affaire suit son cours", on trouve
à la fois une sorte de temps ralenti et inéluctable
qui, en fait,
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