Jacques Rossiaud, historien des viols collectifs au XVè - XVIè siècles dans les villes de la vallée du Rhône rappelle que les violences sexuelles se terminaient très mal pour les victimes, qui reportaient la honte du crime contre elles. C'est ainsi que les violences des " jeunes " peuvent être à la fois le sujet de plaintes et d'imprécations en même temps qu'elles sont déniées sous l'angle de leurs violences réelles.
L'histoire des pratiques violentes réelles n'est pas celle de leur prise en compte culturelle au sein d'une société donnée: ici, c'est cette réception alarmée qui nous intéresse, elle semble se retrouver de façon assez récurrente au cours de notre histoire. Toujours perçue comme nouvelle, elle semble constituer un signe alarmant de la " modernité ", alors que la terrible violence des adultes, bien plus efficace et grave, ne crée pas ce réflexe d'ulcération.
La phrase de Winnicot date de 1964, il citait un article du Times qui menaçait le monde d'un " nouvel hitlérisme " surgissant de ces violents " hooligans ".
A chaque époque sa menace : il me semble que dans notre contexte français du début du XXIè siècle, c'est plutôt une menace d'invasion de hordes basanées cassant tout et volant tout sur leur passage qui serait le scénario du pire.
Mais à force de perdre les vraies valeurs depuis des décennies et de prédire la fin du monde civilisé, on devrait pourtant y être, dans l'abîme prévu…
Mais on oublie une chose : que les jeunes vieillissent, qu'être jeune est une chose qui passe, que ce n'est pas un trait racial ou " ethnique ", qu'enfin après non pas 23 ans comme dans Shakespeare mais après 18 ans en France, selon les juges pour enfants du " 93 " (" neuf trois "), la statistique des transgressions s'effondre: il se rangent pour la plupart.
La jeunesse ne dort pas, elle lutte contre l'ennui et refuse la pensée du lendemain au cœur de la nuit, la jeunesse aux potentialités sans limites sera toujours, au regard oblique des adultes, en train de découvrir les siennes…
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