p112.  En ce jour, l'éditorial.
p114.  La chronique de Véronique

En ce jour du jeudi 26 septembre 2002. Chacun sait que la procrastination est la faculté de remettre à demain ce qui devrait être fait absolument aujourd'hui. Tous, dans notre vie, nous nous adonnons avec plus ou moins de régularité à cet exercice libératoire. Et tous, nous regrettons, une fois le lendemain venu, de n'avoir pas fait plutôt hier ce que nous devrons donc entreprendre aujourd'hui. La procrastination à laquelle vient de se laisser aller la Commission européenne aura peut-être demain, c'est-à-dire en 2006, le goût du remords un peu honteux de cette chose que l'on n'a pas eu le courage de faire en temps et en heure alors que notre agenda nous y appelait, alors que le calendrier nous l'imposait. Le Pacte de stabilité est donc postposé. L'équilibre budgétaire est remis à plus tard. On nous avait pourtant bien dit, lorsque l'euro avait paru, qu'il s'agissait bien là de la pierre angulaire européenne: état-membre, votre déficit public ne peut pas dépasser 3% de votre PIB, point barre. C'est ce qu'avaient dit Séville et son sommet. Aujourd'hui que les conjonctures passent à l'orange, et que des pays comme la France, l'Italie, l'Allemagne ou le Portugal ne sont plus sûrs d'équilibrer les frais, la Commission a donc proposé de les arrêter.
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