Les chroniques de Véronique
Sexe et littérature (06.09.02). Que faire lorsqu'une lecture vous dégoûte ou vous révolte ? Aller se promener ? Piétiner rageusement l'ouvrage ? Faire un procès ? On hésite à "judiciariser", tant s'en faut, l'espace littéraire. À mon sens, c'est en amont qu'il faut tenter quelque chose, au moment où le jeune écrivain, stupéfait d'être lui-même, veut annoncer au monde cette étonnante nouvelle.
On aurait pu croire qu'avec la libéralisation des mœurs en cours depuis trois siècles, les romans, un jour, n'auraient plus à nous parler du sexe parce que, de ce côté là, le faire serait mieux que le dire. En fait, c'est l'inverse : un nouvel académisme s'impose ou le sadisme le dispute à l'obscène, comme le remarquait, dans le Nouvel Observateur, Fabrice Pliskin (n°1973 p.98, 29août-4sept 2002).
Comme cela y va. Nous avons donc droit à de l'extrême tordu, le tout souvent dans une totale sinistrose, comme si dans un désert de poussières d'os, on tentait de nous exciter avec le clapotis cloaqueux dans lequel, au cœur d'un vieux camp de concentration désaffecté, tous les
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