Américains. (11.09.02). Lu dans le journal Metro
du 10 septembre en page 4: 52% des Russes pensent que "les
Américains ont eu ce qu'ils méritaient" le 11
septembre de l'année dernière. Comme dans une cour
d'école : "bien fait", une juste vengeance des
Indiens, des opprimés de tous les continents contre un être
collectif coupable. Si on énonce comme a priori coupables
"les Américains", cela ne fait pas du tout le même
effet que si l'on parle "des juifs" ou "des Arabes",
côte à côte comme cibles des racismes et antisémitismes
larvés et flottants : on se sent gênés comme
autour des remugles d'une vieille chaussette sale.
L'idée d'une vengeance venue des cieux est une des plus délicieuses
qui soit, surtout appliquée à autrui : si on nous
transforme la tour Eiffel en allumettes, ça, non. Ce raisonnement
semble enfantin. De plus, sa banalité l'innocente : il repose
sur une performance du langage, celle que produit le pouvoir de
catégoriser.
Que dit-on quand on parle "des femmes" des "Américaines"
ou des "Français" dans nos conversations
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