p87.  En ce jour, l'éditorial.
p89.  La chronique de Véronique
p92. Budestag.de
En ce jour du lundi 23 septembre 2002. Hier, ma ville fut sans voiture. Toute ma ville : pas seulement certains quartiers, le centre, ou quelques artères choisies. Six cent mille véhicules ont ainsi nargué leurs propriétaires, banalement rangés côté trottoir, alignés, à l'arrêt, comme pour une grève massive des moteurs. Cette idée qui vient d'Europe divise traditionnellement la cité en deux clans. "On ne va pas faire d'une connerie un événement" a dit un ministre. Certaines villes qui n'ont pas participé à cette immobilisation générale ont néanmoins tenu à "marquer leur solidarité" avec celles engagées dans l'action, un peu comme on le ferait en cas de catastrophe naturelle, de guerre ou de sinistre. À l'inverse, il ne viendrait à l'idée d'aucune commune d'envoyer un télégramme de soutien à sa voisine dès lors qu'un accident de roulage y ferait des victimes et des morts. On peut tenir la circulation routière comme un marqueur puissant de la vie commune, on peut même y voir un sondage permanent de l'accord social qui nous relie. La question du vivre ensemble tient tout entière dans la voiture. C'est un miracle, en effet, que nous ne nous tuions pas plus les uns les autres sur les routes.
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