On sent chez les directeurs d'école la tentation du geste
de Salomon : les couper en deux afin qu'ils soient quatre ? Et chez
les autorités locales, un dilemme du genre d'Abraham: sacrifier
une des écoles sur l'autel de l'affadissement démographique
et des règlements administratifs, espérant que l'État,
en dernier recours, retienne la main ? On se dira qu'il y a plus
simple. La Belgique ne manque pas de réfugiés, le
ministre de l'Intérieur le claironne tous les jours. Un seul
petit Kirghize, Sierra-léonais ou Kurde ferait l'affaire.
Il sauverait les sauveteurs et l'éducation fédérale.
Oui, mais alors, sans doute qu'il faudrait aussi se battre pour
conserver les parents, pour leur faire des dossiers nickel, les
défendre en commission d'agrément et leur éviter
le charter. Vous voyez un peu le travail, quand on manque de gens
et qu'on n'en veut pas d'autres? Les Allemands récemment
ont rouvert les portes d'une immigration "qualifiée":
verra-t-on, demain, la Belgique ouvrir ses bras à des étrangers
"scolarisables" ? Gesves, le village dont le Prince était
deux enfants.
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