En ce jour du jeudi 19 septembre 2002. Impossible de
passer à côté. La libération de Maurice
Papon écure pour les mêmes raisons qu'elle réjouit
: parce que la loi est la même pour tous. Cette loi sur le
droit des malades, votée en mars 2002, appliquée une
seule fois jusqu'ici, et qui suspend la peine "de détenus
atteints d'une pathologie engageant le pronostic vital ou dont l'état
de santé est durablement incomptatible avec le maintien en
détention" est une belle chose républicaine.
Il n'y a définitivement plus de peine de mort dans les prisons
françaises. Demain sortiront donc, jeunes et vieux, grabataires
ou en fin de vie. Car le cas Papon ouvrirait la porte à d'autres
libérations. C'est bien cela, n'est-ce pas, qu'il faut comprendre
? C'est bien cela en tout cas que l'on nous dit. Mais comment alors
expliquer que nous ne sommes pas si sûrs que la justice, elle,
restera égale pour tous ? Gageons que chacun ne sera pas
logé à la même enseigne. Ce n'est pas un procès
d'intention que je fais, c'est un pari sociologique et statistique.
Il est des condamnés éloignés de leur famille,
oubliés de leurs avocats et inconnus des cours d'Appel qui
finissent enchaînés sur leur lit de mort. Pourquoi
imaginer que cela cesse ?
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