p70.  En ce jour, l'éditorial.
p74.  La chronique de Véronique
p77. Budestag.de
En ce jour du jeudi 19 septembre 2002. Impossible de passer à côté. La libération de Maurice Papon écœure pour les mêmes raisons qu'elle réjouit : parce que la loi est la même pour tous. Cette loi sur le droit des malades, votée en mars 2002, appliquée une seule fois jusqu'ici, et qui suspend la peine "de détenus atteints d'une pathologie engageant le pronostic vital ou dont l'état de santé est durablement incomptatible avec le maintien en détention" est une belle chose républicaine. Il n'y a définitivement plus de peine de mort dans les prisons françaises. Demain sortiront donc, jeunes et vieux, grabataires ou en fin de vie. Car le cas Papon ouvrirait la porte à d'autres libérations. C'est bien cela, n'est-ce pas, qu'il faut comprendre ? C'est bien cela en tout cas que l'on nous dit. Mais comment alors expliquer que nous ne sommes pas si sûrs que la justice, elle, restera égale pour tous ? Gageons que chacun ne sera pas logé à la même enseigne. Ce n'est pas un procès d'intention que je fais, c'est un pari sociologique et statistique. Il est des condamnés éloignés de leur famille, oubliés de leurs avocats et inconnus des cours d'Appel qui finissent enchaînés sur leur lit de mort. Pourquoi imaginer que cela cesse ?
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