des civils, de sabotage de toute l'infrastructure en ébauche d'un pays.
Depuis 50 ans, les analyses, commentaires, ouvrages, articles se sont multipliés. La diaspora palestinienne a produit de grands écrivains, la gauche pacifiste israélienne aussi. Des films (d'Amos Gitai par exemple), des articles, des prises de position publique de grande tenue, etc., empêchent toute caricature. Mais sur le terrain une sourde ligne oblique conduisait vers l'impasse désastreuse actuelle : une régression incroyable du politique remplacé par un pur jeu de vengeance sang contre sang : " ils tuent les nôtres, donc on tue les leurs ", mais on n'est pas en Corse, et ce contre-don de la vengeance offre toujours un plus, il y a toujours une surenchère dans le remerciement négatif de la vengeance. Le cadre global est celui d'une inégalité dans le rapport de force : d'un côté, il s'agit d'une armée qui détruit toute l'infrastructure d'un pays, dans des conditions que nul ne peut nier ni défendre et de l'autre, il s'agit d'attentats à la bombe contre des victimes civiles comme cet étudiant de 24 ans Divid Gritz, parti étudier
Levinas à l'université de Jérusalem et qui n'est jamais revenu. Là non plus, personne ne peut défendre ces attentats, surtout pas ceux qui accusaient en leur temps, pendant la guerre en Bosnie, les Bosniaques d'être des terroristes islamiques alors que jamais ni les Bosniaques ni les Albanais du Kosovo n'ont posé de bombe dans une lieu public à Belgrade, ceci est un fait et non pas une opinion.
Le retour à une lecture serrée de la chronologie de cette dernière année offre une sorte de constance : chacune des invasions de l'armée israélienne fut précédée d'attentats meurtriers traumatisants pour les civils israéliens qui en constituaient l'apparente raison (la vengeance appelée rétorsion ou punition, dans des conditions d'effroyable inégalité puisqu'il s'agit d'une armée contre un espace civil). Sans les bombes du Hamas, il serait beaucoup plus difficile à un Sharon de persuader à l'intérieur sa propre population civile que " ceux d'en face " veulent les éliminer du paysage et de convaincre à l'extérieur la communauté internationale de de sa juste guerre contre " le terrorisme ". Sans les bombes du Hamas, pas de Sharon .
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