Les chroniques de Véronique
Hamas-Sharon (16.09.02). Le conflit Israël - Palestine nous touche et nous ravage : il fait partie de notre intimité historique, il est la suite du cauchemar nazi, il est le point de fixation de tout ce que nous imaginons être notre histoire matricielle longue, et semble la mettre en péril : l'impasse désastreuse présente a un parfum de fin du monde, et surtout elle nous oblige à faire face à l'impossibilité de réparer le passé, d'imaginer une espèce de deuil possible de la Shoa dont l'ombre ne protège plus Israel cette année : cette guerre nous abîme.
En France, le débat et la polémique enflent, mêlés d'épuisement et de fanatisme : les procès, les anathèmes, les disputes entre amis au sein des familles, se multiplient. L'échelle historique des disputes met en présence deux millénaires d'histoire tragique - dont la douleur affichée qui " trouve son lieu d'élection dans le présent " (expression de Starobinsky dans un article sur Baudelaire Preuve,1968) sidère le contradicteur - et une situation insoutenable en Palestine, d'oppression, de guerre contre
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