L'État est le père de famille des pères
de famille, l'instituteur des instituteurs et le "surgé"
des "surgés". Il est dans les journaux que découvrent
les enfants, dans le lait qu'ils boivent, dans les code-barres qui
les scannent. Il n'y a qu'une place que l'État n'occupe pas,
c'est celle de l'élève. On feint de croire que l'État
serait bien informé, sain et contrôlable. Tous les
jours, il nous montre pourtant aussi ses manques, son indiscipline,
son inattention. L'État est turbulent, il n'y peut rien,
c'est ce qui le fait vivre. L'État hésite tous les
jours, il se demande de quoi sera fait demain: guerre, chômage,
famines, catastrophes. L'État se nourrit des incertitudes
qui le construisent. Car l'État ne sait pas, il ne sait jamais,
il ne peut pas savoir. C'est un grand enfant aux pantalons trop
courts qu'il nous faut informer, alimenter et contrôler.
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