En ce jour du lundi 16 septembre 2002. "Si chaque Européen avait une double nationalité, cela pourrait accélérer l'émergence d'une opinion publique européenne", proposait, dans Libération du week-end, le sociologue allemand Ulrich Beck, ajoutant que cela amènerait "à se mêler des affaires politiques du voisin". L'on comprend bien aujourd'hui le grand intérêt de cette idée. Les campagnes électorales que nous avons vues se dérouler récemment nous ont étonnés, entre autres choses, pour le peu d'intérêt qu'elles portaient à l'Europe. Chacun va, traçant un sillon national où la question de l'étranger, voisin ou réfugié, reste totale. Nous retrouvons là le problème de la "solution" ou, à mieux dire, de la "dissolution" dans de grands ensembles politiques. Et nous devons admettre l'échec de la fameuse formule "Agir localement, penser globalement". Lorsque, dans nos votes, nous prendrons en compte l'intérêt du tiers absent, c'est-à-dire de notre voisin, sans doute ferons-nous un grand pas vers la reconnaissance de l'altérité qui nous compose. Car, la proposition de Ulrich Beck, c'est que nous devenions tous un peu des autres; ce qui est, à tout prendre, passionnant.
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