En ce jour du jeudi 12 septembre 2002. Les génocides
désormais passent à la télévision, de sorte
qu'on ne pourrait plus dire aujourd'hui qu'on ne savait pas, tout au plus
qu'on n'avait pas vu. Nous avons vu, par exemple, pour le Rwanda. C'était
en direct ou presque, il existait des images. Nous voyions bien qu'il
s'agissait là de morts politiques : le nationalisme, le fanatisme,
l'épuration ethnique sont des constructions politiques. Et pourtant,
bien entendu, nous n'avons rien fait. Alors qui pourra expliquer pourquoi
le choléra nous a désengourdis là où la machette
y avait échoué ? Ce n'est en effet qu'au moment où
des populations en fuite - réfugiées dans des camps et désertant,
pour certaines, leur propre terrain de crime - commençaient de
mourir de maladies violemment naturelles que notre regard s'apitoya et
que la machine humanitaire s'emballa. Qu'y avait-il donc que nous ne voulions
pas voir dans ces machettes et que nous acceptions de regarder dans la
maladie ? Ce sont ces questions, entre autres, qui seront au centre du
colloque "L'histoire trouée : négation et témoignage"
qui se tiendra à la Sorbonne de Paris, du 16 au 19 septembre. Cette
fois encore, Catherine Coquio et l'association Aircrige sont à
l'origine de ce programme.
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