En ce jour du mercredi 11 septembre 2002. Cet été, l'acteur Sean Connery, expulsé par les eaux de son hôtel pragois, fit la proposition d'apporter son appui aux cinéastes qui voudraient réaliser un film sur les conséquences de la crue de l'Elbe et alimenter, avec les bénéfices, un fonds d'aide aux victimes. On voit cela advenir que les catastrophes dans les pays développés n'appellent pas à l'aide humanitaire mais à la création artistique. Ainsi des attentats new-yorkais du 11 septembre dernier. Un film sort sur les écrans ces jours-ci : "11'09''01", onze courts-métrages de onze réalisateurs, onze récits autour du onze septembre. Les bénéfices du film, ici, iront à l'association Handicap International. Bien entendu, personne ne penserait à diligenter un film sur les famines africaines ou les typhons chinois : dans ces cas-là, la matière filmée s'appelle du reportage et ressortit au domaine de l'information, pas à celui de la fiction. Faut-il croire que certains des auteurs de ce "11'09''01" ont ressenti ce paradoxal malaise, choisissant délibérément de détourner leurs caméras des Twin Towers ? Ceux-là ont, en effet, décidé de parler d'abord de chez eux, c'est-à-dire de régions et de pays rendus opaques ou
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