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Sakina Arrar 29 avril 2002
Réaction de Michel Simonot au travail de Sakina Arrar (reçu le 02-05-02) :
un texte pour le mois d'octobre 1961.
Cinéastes sans images 18 avril 2002

Que peuvent penser deux cinéastes venus du Sud, habitant, travaillant en Belgique, à l'heure où les discours de la haine font rage au Proche-Orient? Que peuvent se dire ces deux cinéastes différents par leur culture, par leur identité et par leur style cinématographique, mais que rassemble l'exil. Rassemblés parce que la violence quotidienne a plongé dans un abîme leurs frères, leurs sœurs, leurs familles, tout un peuple.
Que peuvent se dire Michel Klheifi et Kamal Dehane ? Michel Klheifi, cinéaste belgo-palestinien, a voulu donner chair et vie à une terre qui a imprégné son enfance. Kamal Dehane, réalisateur belgo-algérien, parle de son pays à travers les femmes, la poésie et les enfants. Paroles échangées donc, sur les devoirs et les responsabilités, sur le poétique et le déontologique, sur le politique et le marché. Avec les auteurs de "Noce en Galilée" et de "Femmes d'Alger".
 
Lire le compte-rendu de la rencontre
Voir les filmographies de Michel Khleifi et Kamal Dehane
 
 
ONE-WAY TICKET 3 avril 2002

Nous avons voulu cela : donner la parole à ce qui se dit côté palestinien. Ce que vous verrez ici — photos des manifestations de Bruxelles, e-mails parvenant des "territoires" — a pour fonction de faire parler. Nous n'avons retouché aucun des textes reçus par mail et émanant, pour la plupart, de l'association Solidarité Palestine : nous y avons laissé l'empressement de l'écriture, les fautes, les abréviations, bref, l'urgence. Une urgence qui, sans doute, ne met pas à l'abri de lectures que d'aucuns même questionneront. Pareil pour les images : elles sont celles de la manifestation du mardi 2 avril sur les marches de la Bourse, à Bruxelles. Elles sont prises de loin, incluses dans le monde, comme chassées par lui, comme celles que nous voyons sur les écrans. Il manque à ces paroles d'autres paroles (celles qui diraient l'opposition israélienne, celles qui diraient l'amnésie des brûleurs de synagogues, celles qui diraient qu'il n'existe pas de saints sacrifices ni de victimes raisonnables). Ce que nous voulons ici, c'est, d'abord, montrer des mots et des visages. C'est un one-way ticket vers des gens. Au moins cela. Nous ne devons pas que cela, mais cela nous le devons.
Les Mots

Les Images

Les Appels

 
 
Pourquoi Ali Suliman veut être belge 22 mars 2002

À l'heure où notre ami Danis Tanovic remporte l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood pour son "No man's land", nous voudrions aussi rappeler que lorsque nous l'avons rencontré, il était surtout un demandeur d'asile. La guerre de Bosnie était toujours en cours. Il avait décidé, après plusieurs années de front, de quitter son pays. Son succès d'aujourd'hui peut aussi rappeler que les réfugiés, les demandeurs d'asile ou les étrangers en quête d'une nouvelle nationalité peuvent être aussi des personnes de talent.

Nous aimerions, alors, attirer votre attention sur Ali Suliman. Il est né à Safita (Syrie) au 20ème siècle, comme il dit. Après des études de communication visuelle à Damas, il poursuit ses études en Belgique où il arrive en 1995. Diplômé avec distinction de l'École Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de Mons, il est actuellement en deuxième année d'infographie à Hornu. Et avec tout ça, Ali Suliman veut devenir belge.

Il a introduit, en septembre 2000, une demande auprès de la Commission des Naturalisations qui l'a rejetée en début de cette année. On ne naturalise pas un étudiant. Mais il s'accroche. Il a fait parvenir aux membres de la Commission un nouveau dossier, à sa façon, que nous publions ici. Focus donc sur Ali… Et vous, à vos mails !

 

Cliquez ici ou sur l'image pour voir une réduction en Flash (470 Kb)
du " dossier de naturalisation " d'Ali Suliman

 
 

8 mars 2002

 
 

Fête de l'Internet, RSVP

 
 


Il y a donc une fête de l'Internet. En France, elle existe depuis 1997. En Belgique, depuis l'an dernier. Les objectifs ? "Permettre l'accès de tous aux nouvelles technologies, mettre en évidence ceux qui visent à un usage "intelligent" de cet outil et développer une approche critique de l'Internet". lautresite participe à la fête. Et notamment, en ouvrant les portes de ses bureaux le dimanche 24 mars, entre 11 heures et 17h30. L'occasion de rencontres possibles entre internautes, une manière aussi de montrer les conditions de développement du site. Une façon surtout de recevoir tout le monde autour d'un brunch et de "dévirtualiser" les regards et les paroles. Tout le monde y est le bienvenu. Poussez la porte. Il y a tout à voir.

 
     
   
 

Causes Communes a le plaisir de vous inviter le dimanche 24 mars 2002
à la présentation de lautresite, sa revue de "poésie politique" sur Internet.

Cette présentation se déroulera, dans le cadre de la Fête de l'Internet,
lors d'un brunch amical, entre 11 h et 17h30,
au 52 avenue de Stalingrad, à Bruxelles.

Plusieurs postes de consultation,
des rencontres avec différents participants au site, …
vous pourrez y découvrir comment lautresite continue une histoire
longue de plus de dix années d'actions, de projets et de réalisations.

Causes Communes voudrait, à l'occasion de cette présentation,
commencer d'écrire une nouvelle page de son grand livre citoyen.

Nous serions très heureux
de vous y rencontrer ou de vous y retrouver.

Causes Communes


 
   
 
Moncef Marzouki, Tunisien, médecin, opposant.

8 mars 2002

Dates des rendez-vous
Le samedi 9 mars, à 19h30 (précise), conférence publique à l'Hôtel Charlier, 16 avenue des Arts à 1210 Bruxelles
Le dimanche 10 mars, à partir de 10h00, un brunch est prévu par les médecins organisateurs de la venue de Moncef Marzouki, avec une conférence-débat débutant à 10h30. Cela se passe à la Maison des Médecins, rue du Parc 45 à Charleroi. Destiné en priorité à un public du secteur médical.

Ils sont médecins, travaillent dans des "maisons médicales", de la région de Charleroi, Belgique. Ils accueillent pour l'instant un autre médecin, professeur de Santé publique, de Sousse, Tunisie. Moncef Marzouki est cette figure emblématique de l'opposition tunisienne que le pouvoir empêchait jusqu'il y a peu de sortir du pays. Président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (dissoute par le pouvoir), porte-parole du Conseil tunisien des Libertés (interdit), récemment condamné à un an de prison avec sursis, jouissant d'une liberté de circulation et d'expression drastiquement réduite, Moncef Marzouki est pourtant venu rendre visite à ses amis européens qui ont dû pour cela lutter pied à pied depuis avril 2001. Ce que décrit Moncef Marzouki est une dictature d'un autre âge. En train de se tailler une constitution sur mesure. Pour échapper à quoi que ce soit qui pourrait avoir pour nom la Justice internationale. Les Belges pourront rencontrer le docteur Marzouki ces samedi 9 et dimanche 10 mars.

Un groupe de médecins suisses a réalisé un site de soutien à Moncef Marzouki. Visitez le.

Textes, rapports, photos, récits: http://www.globalprevention.com/marzouki.htm
 
Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut l'an 01 28 février 2002
 
Voilà un petit livre que nous aimerions vous faire aimer. C'est un journal de l'année mais c'est plutôt une année dans un journal. Une sorte de recueil, dans ce que le mot peut comporter de méditation et d'hypothèse. Voilà donc comment l'an 2001 traversa les travaux et les jours de Michel Gheude, diariste pointilliste, conteur expansif, avec qui nous partageons le goût de savoir que les choses qui nous arrivent sont avant tout des chapitres en désordre d'un livre que tout une vie ne suffit pas à organiser. On retrouvera donc là des Schtroumpfs, Yoko Ono, Jean-Pierre Verheggen, la faillite de la Sabena, Philippe Sollers, les plages flamandes, la publicité, la télévision, Céline, la Zinneke Parade et Jane Birkin.
Ce livre, dernier né des Éditions De la démocratie, éditions de Causes Communes, est publié avec le Ligueur, hebdomadaire où ces chroniques avaient paru durant l'année 2001. C'est aussi un livre qui fait aimer les autres livres. Ce n'est pas son moindre intérêt. Nous vous invitons à la lecture de quelques bonnes feuilles, en avant-première du printemps.
 
" Il n'y a pas de fin de l'histoire "… 21 février 2002


Nous mettons en ligne quelques lignes d'un texte qui parut dans "Le Monde" du 4 juillet 1973, dans une France qui vivait les derniers ressacs de l'ère pompidolienne. Intitulé "Manifeste où l'on soutient que la culture des illusions assure peut-être la tranquillité des dirigeants, certes pas la qualité des militants", il reste, à notre avis, une des brèches par laquelle se sont engouffrés les arguments du moral et du complexe dans le monde parfaitement et politiquement bi-polaire d'alors. Il avait été signé à l'époque par plus de 300 intellectuels, dont Claude Aveline, Gérard Challiand, Edgar Morin, Pierre Hassner, Pierre Vidal-Naquet, Octavio Paz ou Noam Chomsky. On peut le lire, entre autres, comme une mise en garde contre les dérives gauchistes des luttes armées qui allaient venir, on peut le voir aussi, malgré son ton daté et son fonds référentiel, comme une anticipation de débats lourdement contemporains. Bref, il nous a paru qu'il y avait là, sinon urgence de republication, au moins nécessité de citation.

 
L a   M a l a d i e   n ° 9 13 février 2002


Aux premiers jours du mois de décembre 1920, une mystérieuse rumeur se répand dans Paris : une pandémie inconnue et mortelle, la maladie n° 9, dont seraient porteurs les immigrés juifs originaires d'Europe orientale, se propage à vive allure dans les quartiers populaires de la capitale. Cette maladie donne lieu au Sénat à une séance houleuse et retentissante. Et c'est dans le Journal Officiel de l'époque que Michaël Prazan et Tristan Mendès France (auteur aussi du chapitre Héréros sur lautresite) ont retrouvé les minutes des discours et interventions. Ils en ont issu un livre "La maladie n° 9" paru en janvier 2001 aux Éditions Berg International, fidèle aux mots, phrases et paroles prononcées à l'époque. Parfois, l'on se retrouve aussi dans l'épopée feuilletonesque, genre Vautrin et Frank avec Boro, leur photographe boiteux. Tout cela pour dire les fantasmes antisémites et anti-immigrés de l'après Dreyfus et de l'avant-guerre. Nous voulions en citer ici quelques pages qui rentrent en résonance avec quelque propos tenus ici et maintenant.

Extrait de "La Maladie n° 9" de Michaël Prazan et Tristan Mendès France, pages 79 à 85, Éditions Berg International, janvier 2001, 106pp, 9 euros. Avec l'aimable autorisation des auteurs.

 

 
  Pour Morro Mwamba 8 février 2002


Il s'appelait Morro Mwamba, il était congolais - du Congo Kinshasa, comme l'on dit -, il fut un pionnier du mouvement des droits humains dans son pays, créant notamment La Ligue des droits de l'homme. Il était aussi journaliste - au Potentiel et à Bloc-Notes - et assura les fonctions de rédacteur en chef et de directeur de journal avant de quitter son métier pour devenir secrétaire général de l'association "Journalistes en danger", une ONG de défense des droits de la presse. Il existe donc une vraie cohérence dans le parcours de ce militant têtu et de cet intellectuel discret. Il est mort en début décembre 2001, il avait 38 ans. Lautresite a voulu ne pas oublier ni l'homme, ni ses combats, au moment où la Belgique vient d'accepter sa responsabilité dans l'assassinat de Patrice Lumumba.Serge Bailly retrace ici l'itinéraire exemplaire d'un homme normal dans un pays déchiré et exsangue.

 

Morro Mwamba Wa Ba Mulamba était le secrétaire général et l'un des fondateurs de l'ONG "Journaliste en Danger", spécialisée dans la protection et la promotion des droits des journalistes au Congo. Il était un homme passionné, fier de son pays autant que révolté par les injustices et la corruption. Il est décédé le 5 décembre dernier, en faisant son jogging matinal au Stade des Martyrs à Kinshasa. Mort à 38 ans, sans bruit, quelques jours avant la publication du rapport annuel de Journaliste en Danger sur les atteintes aux médias en RDC, à propos duquel il avait travaillé avec la même fougue qu'on lui connaissait ...


... lire la suite du texte de Serge Bailly

 

écouter et lire Morro Mwamba lors d'une intervention à Bruxelles

lire le témoignage du président de J E D, M. M'baya Tshimanga

lire à propos de " Journaliste En Danger " + Rapport annuel 2001
aller sur le site de Media Resistance aller sur le site de J E D


J o u r   d e   F ê t e 18 janvier 2002


On ne dira plus le renouveau des fanfares. Elles sont de partout, de Macédoine, d'Allemagne, de France, de Roumanie, d'Italie : nous commençons à en reconnaître le pluralisme sonore. Elles continuent d'habiter la rue mais se retranchent de plus en plus souvent dans les salles de concert. Les fanfares ont des festivals où se retrouver, des disques où s'écouter. En voici une, belge donc multiculturelle. "Jour de fête", c'est le nom, rassemble une cinquantaine de musiciens et traduit un héritage déjà ancien. Dernière née d'une filiation qui va de "Combo belge" (le générique de l'émission Strip-Tease) à "Cramic", "Jour de Fête" sort ces jours-ci un CD,"Pistache". Nous voulions vous le faire connaître au travers d'un morceau, "Aruba", composé comme beaucoup d'autres par Michel De Rudder, à l'origine discrète de ce retour des fanfares sur le pavé belge.

E c o u t e r   A R U B A  >>>    
C o n n a î t r e   J o u r   d e   F ê t e  

 

E n   2 0 0 1,
l a u t r e s i t e   é t a i t   . . .
3 janvier 2002


Citer des noms est toujours œuvre utile. Les nomenclatures, les catalogues, les dictionnaires sont aussi des manières de saluer. Aussi bien, voici les personnes qui, en 2001, ont réalisé lautresite. Par des articles, des rencontres, des images, des réunions, des sons, du graphisme, de la mise en ligne, des témoignages, des discussions et des verres échangés. Vous ne les retrouverez pas tous au cours de votre voyage dans lautresite. C'est d'ailleurs aussi pourquoi ils sont cités ici.Parce que, même dans le virtuel, ce qui est apparent n'est pas toujours le plus voyant. Les voilà donc, ceux qui, d'un côté ou de l'autre, sont aussi lautresite. En attendant, pour l'an 2002, de vous y retrouver, vous aussi.

Joël Kotek, Catherine Coquio, Benjamin Lew, Toni Santocono, Marc Ghuisoland, Patrick Quinet, Anne Degavre, Olivier Razac, Marc-Aurèle, Véronique Nahoum-Grappe, Gjovalin Nonaj, Solenn Bardet, Michel Gheude, André Blavier, Michel Jocquet, Anne Bontems, Daniel Michiels, Hocine Boukella, Jean-Pierre Jacqmin, Iole et Antonio Danieli, Alain Chang, Frédéric Sallet, Pierre Rigoulot, Léon Saur, Olivier Guyaux, Raphaël Carette, Philippe Jacquin, André Breton, Alain D'Hooghe, Saliha et Malika Abdellatif, Zenun Najetovic, Eric Masquelier, Ivan Djuric, Marc Ots, Dan Alexe, Tristan Mendès-France, Alain Forti, Philippe Herbet, Pierre Duys, Stéphane Roumieux, Roberto Juarroz, Vincent Magos, Nicolas Levrat, Linda Ferrer-Roca, Piet Maris, Étienne Sevrin, Norbert Ghisoland, Vincent Delbrouck, Marina Cox, Sven Lindqvist, Georges Waysand, Catherine Godart, Bruno Buchet, Stéphane Vandeneede, Buster Keaton, Marc Pataut, Lek Pervizi, Serge Verheylewegen, Paul Hermant, l'Amicale des Anciens du Vernet, Marc Pataut, Gaston Chateau, Catherine Sicurello, Pierre Dalla Palma, Danièle Voldman, Marwan Abi Samra, Olivier Ô…

 

. . . , c ' e s t   d u   b e l g e . 24 déc 2001


Voici trois livres. La maison d'édition s'appelle "La Lettre volée", ce qui est un fort beau nom. La revue dont les photos sont issues s'appelle "Vu d'Ici", ce qui est un excellente situation. Voici donc trois livres d'images. De trois photographes qui parlent, beaucoup plus qu'ils n'illustrent, de trois coins de terre belges : l'Ardenne, une cité-jardin de Watermael-Boitsfort, la commune de Seraing. Daniel Michiels, Marc Ots et Philippe Herbet s'y sont moins promenés qu'ils n'y ont vécu. Aussi bien, ce "Vu d'Ici" pourrait également être un "Vécu de Là". Au total, quelque chose de précieux.
Ce travail a été réalisé sous la direction de deux amis et collaborateurs de lautresite, Patrick Quinet et Alain D'Hooghe. Alors c'est, pour nous, un vrai plaisir de donner à voir quelques moments d'une collection qui ne demande qu'à s'enrichir et dont nous suivrons, d'ici, les respirations et les envies. Parce que, en quelque sorte, nous les partageons.

     
 A r d e n n e    R e s t a n t e
  Daniel Michiels
 A u r o r e    F l o r é a l e
  Marc Ots
 S e r a i n g   o u   A i l l e u r s
  Philippe Herbet

 

Mirmbrama Familia,
Gjovalin Nonaj & Olivier Ô
17 déc 2001


Ils sont deux. L'un est Albanais, l'autre Belge. L'un est accordéoniste, l'autre guitariste. Giovalin Nonaj et Olivier Ô. Tous deux chantent. Tous deux chantent désormais ensemble. Giovalin, le " sans-papier " le plus célèbre de Belgique (son expulsion il y a quelques mois ne fut évitée que grâce à la mobilisation instantanée de musiciens et d'artistes bruxellois) joue les airs traditionnels de son pays, s'accompagnant parfois d'instruments chez nous insolites, tel le "ç i f t e l i ", sorte de mandoline à deux cordes. Olivier est, déjà, un vieux routier des cabarets, fêtes de quartier et concerts de rue, maniant chanson française et reggae.

En se rencontrant il y a quelques mois, ils ont décidé d'échanger accents et accords. Si Giovalin accompagne Olivier dans son reggae, Olivier chante en albanais avec Giovalin. D'où ce CD qu'ils viennent d'enregistrer, autoproduit, du nom de "Mirmbrama familia" ou "Bonsoir, la famille". Et ce titre : "Oh n'at fush t'mejdanit ", "Oh, le bel endroit ". En avant-première.

   O h   n ' a t   f u s h   t ' m e j d a n i t
Paroles et actualité   

 

Europe, fragments d'histoire
photographies de Marina Cox
8 déc 2001 

Marina Cox, photographe bruxelloise, a pris quelques mois de son temps pour retourner sur les traces européennes du 20ème siècle. Ce qui est donné ici pour fragments sont des moments d'histoire, toujours importants, sans doute indispensables, des derniers jours de l'ancien millénaire. Quelque chose qui n'est pas du reportage, mais plutôt de l'ordre de l'errance et de la recherche. Un travail jamais édité. Donc totalement introuvable.
À partir de 1949 et jusqu'en 1953,
tous les détenus politiques bulgares sont
regroupés au camp de Belene, sur l'ïle de Persin.
En 1959, Belene est fermé et les centaines de
prisonniers toujours incarcérés
sont transférés au bagne de Lovech.
Entre 1944 et 1962,
plus de 100000 Bulgares ont été
frappés par la répression.
Belene, Bulgarie, avril 1998

L'actualité
de Marina Cox...
Marina Cox
dans le Capharnaüm...

 

La 3ième Inculpation de S. Milosevic 26 nov 2001 
Le Tribunal Pénal International Pénal de La Haye a inculpé Slobodan Milosevic, le 22 novembre dernier, pour génocide durant la guerre de Bosnie.
Après le Kosovo et la Croatie, il s'agit donc de la troisième inculpation de l'ancien président yougoslave. Vous trouverez ici l'acte intégral, tel qu'il a été communiqué il y a quelques jours par le TPI et Carla del Ponte. C'est en anglais. C'est à lire.
Contre l'oubli, en quelque sorte. Et certainement comme un contrepoint. Voilà un an que la situation politique changeait à Belgrade.
Vous trouverez l'intégralité de l'acte d'inculpation de Slobodan Milosevic portant sur la guerre de Bosnie sur le site du Tribunal Pénal International de La Haye :
http://www.un.org/icty/indictment...

 

Quelques mots du 2ème siècle

19 nov 2001

Ils sont de Marc-Aurèle, issus de "Pensées pour moi-même".
Fils adoptif de Antonin, lui succédant à sa mort, il était, comme l'a écrit Ernest Renan, superbement détaché des gloires terrestres : "L'empire fut un fardeau qu'on accepta à son heure, sans que l'on songeât à devancer cette heure. Marc-Aurèle fut désigné si jeune que l'idée de régner n'eut guère chez lui de commencement et n'exerça pas sur son esprit un moment de séduction. (…) À dix-huit ans, l'empire lui était assuré. Il l'attendit patiemment durant vingt-deux années. Le soir où Antonin, se sentant mourir, fit porter dans la chambre de son héritier la statue de la Fortune, il n'y eut pour celui-ci ni surprise ni joie. Il était depuis longtemps blasé sur toutes les joies sans les avoir goûtées; il en avait vu, par la profondeur de sa philosophie, l'absolue vanité".
Alors voici deux textes, courts, qui forment un écho et qui ont parfaitement leur place ici et maintenant.

 

 

Les événements ne sont pas sans lien avec ceux qui les ont précédés. Ce n'est pas comme une suite de nombres indépendants mais comme un enchaînement logique : de même que les êtres sont ordonnés harmonieusement, les événements manifestent non une simple succession mais une étonnante affinité.

(Livre IV, 45)
Réfléchis souvent à la cohésion de toutes les choses du monde et à leur relation entre elles. D'une certaine manière, toutes s'entrelacent et toutes, en ce sens, sont amies. L'une succède à l'autre grâce au mouvement et à l'accord parfaits ainsi qu'à l'unité de la substance.
(Livre VI, 38)

 


 

Brassens, chanteur berbère

13 nov 2001
Voilà une version bien étonnante de "Celui qui a mal tourné", mais Georges Brassens y reconnaîtra certainement les siens.
Hocine Boukella, l'auteur - adaptateur, est une personnalité particulièrement déroutante de la nouvelle musique algérienne. Leader de la formation Cheik Sidi Bemol - du "gourbi rock" selon le mot de Aziz Smati -, il est aussi partie prenante des groupes Zalamite (groove) et Thalweg (celto-berbère), en même temps qu'il dessine, sous le nom de Elho, cartoons et caricatures.
Biologiste de formation, résidant en France depuis 1985, muni de papiers depuis peu, Hocine Boukella est également la cheville ouvrière de "L'usine", collectif d'artistes, créé en 1998 avec Hanni Ryad et l'Orchestre National de Barbès, que plus de cent artistes ont rejoint depuis. Outre une association, "L'usine" est aussi un lieu, à Arcueil.
C'est là que se monte actuellement un projet d'enregistrement de "Brassens Maghrébin" : douze chansons interprétées par les artistes de l'association. En voici une, en avant-première.
ECOUTER ET LIRE CHEIKH SIDI BEMOL

 

Du mur de Berlin à Ben Laden

12 nov 2001
La violence politique a-t-elle changé (de nature, de degré) depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 ?
Que se passe-t-il dès lors qu'aujourd'hui l'exercice de cette violence passe d'un État terroriste à un terrorisme sans Etat?
Véronique Nahoum-Grappe, chercheur en sciences sociales à l'EHESS, revient sur une question qui, depuis les guerres de Bosnie et l'ouvrage collectif qu'elle dirigea "Vukovar, Sarajevo,..", l'intéresse tout particulièrement. Ce texte, qui a paru dans le journal "Libération" du 8 novembre dernier, est restitué ici, à un moment où les changements stratégiques en Afghanistan appellent peut-être à une prise de recul.
RELIRE L'ARTICLE

D'un 11 novembre à l'autre

9 nov 2001

Sur les commémorations, beaucoup à dire.
Voici un moment où les "gueules cassées" reviennent, films et livres redécouvrent aujourd'hui ce que cachent cimetières, monuments aux morts et mémoires enfouies. Nous avons eu envie de parler d'un autre "11 novembre", pas moins oublié que les autres et qui pourrait presque passer pour l'acte fondateur de la Résistance française.
C'était le 11 novembre 1940, à Paris sous l'Arc de Triomphe : des lycéens des universitaires, des gens, bravèrent l'interdiction de célébrer ce qui n'était pas un armistice pour tout le monde. Nous vous proposons de visiter une page du site du Musée (français) de la Résistance. On y apprendra notamment pourquoi des étudiants de la Sorbonne se promenaient en rue munis de cannes à pêche.
http://www.musee-resistance.com


Pénombre et la poésie numérique

7 nov 2001
"Placé sous le haut patronage de Jacques Prévert, Raymond Queneau, Eugène Ionesco et quelques autres esprits aussi éminents, Pénombre affirme qu'on ne fait pas briller ses lunettes avec du cirage noir et s'emploie à le démontrer tout au long de ses premiers bulletins, en nous livrant une série d'analyses percutantes", c'est ce qu'écrivait Frédérique Pallez dans "Gérer et Comprendre" en 1995.
Nous aussi, nous avons eu envie de comprendre. On y a été voir. Pénombre, créé en 1993, entend interroger la fonction et la place des nombres dans nos sociétés et, singulièrement, dans les débats de nos sociétés. What's in a name ? Pénombre dit bien la part cachée des chiffres : ce qui n'est pas dit lorsque tout est compté. L'association pose donc des questions fondamentales du genre : "Comment peut-on mesurer le nombre de personnes qui ont été victimes d'écoutes téléphoniques clandestines ?" ou bien " Comment peut-on mesurer l'importance d'un trafic d'armes ?". Mieux, elle y répond. C'est parfois caustique, ironique ou bien pire mais toujourigoureux.
Sinon, Pénombre, ce n'est pas que de l'Internet, mais des lettres auxquelles on peut s'abonner et un livre "Chiffres en folie" paru aux Editions de La Découverte.
http://www.unil.ch/penombre/index.htm

 

Retour sur André Blavier, poète,
né trop jeune, mort trop tôt.

6 nov 2001

"L'auteur se défend bien de vouloir jouer sur les mots.
Mais on joue bien à la bourse, à la marelle et au trictrac, à papa-maman et du serre-croupière. On joue de malchance et du violoncelle. On joue aux cartes et aux échecs. On joue la fille de l'air, l'air du Trou vert, les parents martyrs, la Marseillaise et à voleur volé. On s'embrasse sur la bouche pour finir par coucher... en joue... Alors, jouer avec les mots, pourquoi pas ? "
André Blavier, Occupe-toi d'homélies, 1976.
REVOIR BLAVIER...