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Stopping_time.
© Christine Wilmès et Patrick Mascaux.
On saura, dès qu’on aura vu, qu’il existe des territoires
contigus entre ce qu’ont entrepris Christine Wilmès et Patrick
Mascaux et ce qui se fait ici, usuellement et quotidiennement, sur lautresite.
Ce sont aussi des gens de sentes étroites, de pistes dérobées
et d’oubli impossible. Ils cherchent, depuis 1994, ce qui peut bien
faire rupture et interruption. Ils se demandent où se niche la
mémoire des gens et des lieux quand les gens sont partis et les
lieux désertés. Ils ont investigué au Mexique, en
Australie, aux Etats-Unis, en Belgique, aux Pays-Bas, en France, au Canada.
Ils ont rencontré des paysages et dans ces paysages, ils ont voulu
déceler la « naissance du chaos ». On voit donc des
villages avalés par des volcans, des pétroliers échoués,
des épaves abandonnées, des mines de cuivre fermées,
des villes fantômes, des cimetières presque morts eux aussi.
C’est une sorte d’archéologie d’un passé-présent
sans avenir. Un arrêt dans le temps qu’ils ont choisi de restituer
sans point de fuite. Pour preuve, chaque lieu est documenté également
par une codification GPS qui livre à la fois la situation géographique
précise et le moment temporel exact du travail entrepris. Le tout
est, évidemment, le contraire d’un musée.
Ces images sont fortes, leur assemblage fort minutieux permet la lecture
diagonale en même temps qu’elle appelle une sorte de regard
entomologiste, une recherche du détail, un souci de l’inaperçu.
Les sons qui les accompagnent ne sont, non plus, pas construits. On en
sera étonné. Les textes, enfin, qui ne font pas partie de
leur travail habituel sont donnés ici au lecteur comme une information
complémentaire, pas comme un menu touristique. Il ne manque, en
fait, que le travail de sculpture de Christine Wilmès, qui, systématiquement,
arrache des traces de silicone aux mémoires qu’elle rencontre.
Ces moulages et ces volumes, vous les rencontrerez ailleurs. Là
où, l’architecte-photographe Mascaux et la sculpteure Wilmès
vont de temps en temps à la rencontre des publics pour montrer
leurs nouvelles archives d’un temps pas encore achevé.
Que nous les ayons choisis parmi ceux qui avec nous fermerons l’aventure
de cette revue de poésie politique ne devrait donc surprendre personne.
Le site de Wilmès et Mascaux : http://www.wilmesmascaux.com/
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